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Gobetis d’accrochage : la couche rugueuse qui évite les décollements

Éléonore Caradec 7 min de lecture
Gobetis d'accrochage sur mur en parpaing, mortier projeté

Le gobetis d’accrochage est la première couche d’un enduit traditionnel. Mince, granuleux et projeté sur le mur, il ne corrige pas les défauts de planéité. Il crée une surface d’adhérence entre le support et l’enduit à venir. Son efficacité dépend du mortier choisi, de la préparation du mur et du geste de projection.

Le gobetis, la couche qui relie le mur à l’enduit

Un enduit traditionnel se compose généralement de trois couches. Le gobetis assure l’accrochage. Le corps d’enduit, aussi appelé dégrossi, apporte l’épaisseur, la planéité et une partie de l’imperméabilisation. La finition protège le système et donne son aspect final. Si la première couche adhère mal, les deux suivantes risquent de fissurer ou de se décoller, même si elles ont été correctement réalisées.

Calculer le volume de mortier pour un gobetis

Saisissez les dimensions du support et le pourcentage de pertes à prendre en compte.

m²
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On parle aussi de giclage ou de mouchetis. Le principe reste identique : le mortier est lancé avec énergie pour former des aspérités. Ces reliefs créent un ancrage mécanique pour le corps d’enduit. À l’inverse, une couche tirée à la taloche, lisse et fermée, réduit l’adhérence de la couche suivante.

Une question de compatibilité, pas seulement de résistance

Le bon gobetis n’est pas nécessairement le plus dur. Il doit être compatible avec le mur et avec l’enduit prévu. Sur une maçonnerie ancienne en pierre ou en brique, souvent hétérogène et sensible aux échanges d’humidité, un mortier trop riche en ciment peut être trop rigide. À l’inverse, un support moderne, sain et dense peut demander une formulation plus résistante ou un produit d’accrochage adapté. La porosité, l’état des joints, l’absorption d’eau et la nature du futur enduit orientent donc le choix.

Choisir le liant selon le support à enduire

Le mélange contient toujours un liant, du sable propre et de l’eau. Le liant peut être du ciment, de la chaux hydraulique naturelle ou un mélange des deux, appelé mortier bâtard. La chaux aérienne est appréciée pour sa souplesse et sa respirabilité, mais sa prise plus lente impose de vérifier sa compatibilité avec le système d’enduit retenu.

Support Liant à envisager Point de vigilance
Mur ancien en pierre Chaux hydraulique, souvent choisie pour sa souplesse Retirer les parties friables et préserver l’évacuation de l’humidité
Brique ancienne Chaux hydraulique ou mortier compatible avec l’enduit Humidifier pour éviter une absorption trop rapide
Parpaing neuf et sain Ciment ou mortier bâtard, selon l’enduit final Dépoussiérer soigneusement avant la projection
Béton lisse Produit d’accrochage ou micro-gobetis formulé pour ce support La faible porosité peut compromettre l’adhérence mécanique
Mur déjà peint ou farinant Pas de gobetis sur un fond instable Décaper ou purger jusqu’à retrouver un support cohésif

Les chaux hydrauliques naturelles existent notamment en classes NHL 2, NHL 3,5 et NHL 5. Plus le choix du liant est précis, plus il faut respecter les prescriptions de l’enduit de finition. Sur un mur ancien présentant des traces d’humidité, de salpêtre ou des remontées capillaires, le gobetis ne traite pas la cause du désordre. Recouvrir le problème sans diagnostic préalable peut donc aggraver la situation.

Dosage, sable et quantité : préparer un mortier qui tient

Le sable doit être lavé, non argileux et adapté à l’épaisseur visée. Une granulométrie 0/2 ou 0/4 mm convient couramment. Certains mélanges peuvent aller jusqu’à 0/5 mm. Un sable trop fin donne une surface moins accrocheuse, tandis qu’un sable trop grossier peut compliquer la projection d’une couche mince.

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Des repères de dosage à ajuster au système choisi

Pour un gobetis au ciment, un repère courant est de 1 volume de ciment pour 3 à 4 volumes de sable, soit environ 400 kg de ciment pour 1 m³ de sable et environ 150 à 180 litres d’eau. Avec de la chaux, on utilise couramment 1 volume de chaux pour 2,5 à 3 volumes de sable. Un mortier bâtard peut associer 0,5 volume de ciment et 0,5 volume de chaux pour 3 volumes de sable.

Ajoutez l’eau progressivement. Le mortier doit être fluide, proche d’une soupe épaisse, pour se projeter et s’accrocher sans couler. Trop d’eau affaiblit le mélange, favorise le retrait et peut provoquer du farinage. Trop peu d’eau rend la projection difficile et limite le contact avec le support.

Pour estimer le volume, multipliez la surface par l’épaisseur moyenne. Par exemple, 10 m² à 8 mm représentent environ 80 litres de mortier, hors pertes. Prévoyez une marge raisonnable : le geste de projection, la rugosité du mur et les chutes au sol font varier la consommation réelle.

Préparer le mur et projeter sans lisser

La préparation conditionne l’adhérence. Éliminez les poussières, les traces de terre, les mousses, la laitance de ciment, la peinture non adhérente et les zones creuses. Grattez les joints dégradés et rebouchez les cavités trop importantes si nécessaire. Un gobetis ne doit pas stabiliser un support qui s’effrite.

Humidifier sans détremper

Un support très absorbant pompe brutalement l’eau du mortier et accélère sa prise. Humidifiez donc le mur avant l’application, sans le laisser ruisselant. L’objectif est de réguler l’absorption, pas de créer un film d’eau entre le mortier et la maçonnerie. En période chaude, sèche ou venteuse, cette étape devient encore plus importante.

Considérez le mur comme un ensemble de textures plutôt que comme une surface uniforme. Une pierre dense, un joint creux, une brique poreuse et une zone réparée n’absorbent pas l’eau à la même vitesse. Observer ces différences avant de gâcher permet d’humidifier localement, d’ajuster la fluidité et d’éviter qu’une partie du gobetis ne tire trop vite tandis qu’une autre glisse. Cette lecture du support est plus fiable qu’un dosage appliqué mécaniquement.

Projetez le mortier à la truelle par gestes francs, de bas en haut, pour qu’il frappe le mur et laisse des grains saillants. Une machine de projection convient aux grandes surfaces, à condition de régler le débit et de conserver l’aspect rugueux recherché. N’écrasez pas le relief à la taloche et ne cherchez pas une couche régulière comme une finition.

Épaisseur, séchage et défauts à corriger avant le corps d’enduit

Sur maçonnerie neuve, l’épaisseur du gobetis est généralement de 1 à 5 mm. Sur une maçonnerie ancienne ou un mur en pierre, elle se situe plutôt entre 5 et 8 mm. Le corps d’enduit vient ensuite avec une épaisseur d’environ 12 à 15 mm. L’ensemble du gobetis et du corps d’enduit atteint couramment 15 à 20 mm. La finition mesure généralement 5 à 8 mm, avec un minimum de 3 mm dans les creux d’aspect.

Le délai avant le corps d’enduit est souvent de 24 à 48 heures, mais il dépend du liant, de la météo, de l’épaisseur et de l’absorption du mur. Protégez le chantier du soleil direct, du vent desséchant, du gel et de la pluie battante. Un séchage trop brutal augmente le risque de fissures et réduit la cohésion de la couche.

  • Le gobetis tombe : le support est poussiéreux, trop lisse ou insuffisamment humidifié, ou le mortier est mal dosé.
  • Il farine au toucher : le mélange est trop pauvre en liant, contient trop d’eau ou a séché trop rapidement.
  • Il fissure : la couche est trop épaisse, le mortier trop riche ou incompatible avec un mur souple.
  • Il paraît lisse : la projection a été trop étalée. Il faut retrouver une rugosité avant d’enduire.

Après séchage, les grains doivent rester solidement fixés et la surface doit conserver un relief net. Au passage de la main, elle accroche légèrement sans s’effriter. Si des zones sonnent creux, se détachent ou poudrent, déposez-les et recommencez avant d’appliquer le corps d’enduit. Pour un support difficile ou un chantier sans possibilité de dosage sur place, un micro-gobetis prêt à l’emploi peut simplifier la préparation. Vérifiez toutefois sa compatibilité avec le mur et l’enduit final.

Éléonore Caradec

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